La société de secours mutuel « La Fraternelle » de Landerneau incarne plus d’un siècle d’entraide au cœur de la ville. Fondée en 1880 (sous le régime du décret de 1852), elle est née de la nécessité pour les travailleurs landernéens de s’organiser face aux imprévus. À une époque où la protection sociale d’État n’existait pas, cette société permettait aux ouvriers et artisans de ne plus affronter seuls la maladie, l’accident et la vieillesse.
Le fonctionnement de la société reposait sur un principe de la cotisation volontaire. En échange, les membres recevaient une aide financière pour payer le médecin et compenser l’arrêt de travail. L’une des missions les plus symboliques de La Fraternelle était la prise en charge des frais d’obsèques, garantissant ainsi à chaque sociétaire une sépulture, quelle que soit sa fortune.
Ce fonds d’archives privées couvre une large période, s’étendant de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à 1965. Cette longévité montre que La Fraternelle a su traverser les époques. Après 1945, malgré la création de la Sécurité sociale, elle a continué d’exister en tant que mutuelle complémentaire et en maintenant un lien social fort entre les habitants. Elle témoigne de la transition entre la charité d’autrefois et la mutualité moderne.
Dans cet inventaire, au-delà des comptes administratifs, les listes des malades, des adhérents et des membres honoraires offrent un regard direct sur la vie des Landernéens et sur les missions de cette société. On y découvre leurs professions, les maux qui les touchent et la solidarité concrète qui les unissait. Cet instrument de recherche permet de redonner un nom et une histoire à ceux qui ont bâti la mémoire sociale de la ville.
Le fonds se caractérise par une grande diversité de documents techniques et administratifs, notamment des bilans, comptes rendus, registres de cotisations, ainsi que les dossiers liés aux assemblées générales et aux nominations. La dimension humaine et médicale est particulièrement documentée à travers les livrets personnels, les feuilles de visite, les ordonnances médicales et les listes des membres honoraires, le tout soutenu par une gestion rigoureuse consignée dans les registres et livrets comptables.
Enfin, la présence de documents concernant la Société de secours mutuel de Recouvrance (Brest), l’Union Mutualiste du Finistère (Brest) et la Fédération Nationale de la Mutualité Française (Paris) illustre la stratification de l’entraide, depuis l’action de proximité jusqu’à l’organisation à l’échelle nationale.
L’étude de cet ensemble peut être utilement complétée par la consultation du fonds public relatif à « La Fraternelle », conservé sous les cotes 5 Q 28-36 (1859-1954). Ce fonds comprend des registres de cotisations, des registres de délibérations, des registres de comptabilité et de versement, ainsi que des rapports. On y trouve également mention de documents concernant la Société de secours mutuel de Saint-Joseph (Landerneau), l’Union Mutualiste du Finistère et la Fédération Nationale de la Mutualité Française.